LE DIABETE DE TYPE II

I-   INTRODUCTION

Le diabète est une maladie chronique grave qui se déclare lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline (hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang, ou glycémie), ou lorsque l’organisme n’est pas capable d’utiliser correctement l’insuline qu’il produit. Le diabète est un important problème de santé publique, et il est l’une des quatre maladies non transmissibles prioritaires ciblées par les dirigeants mondiaux. Une hausse régulière du nombre des cas de diabète et de la prévalence de la maladie a été enregistrée ces dernières décennies. La prévalence du diabète de type 2 est en constante augmentation en médecine ambulatoire, en lien avec l’augmentation de l’espérance de vie, de l’obésité, du manque d’activité physique, et d’une alimentation insuffisamment équilibrée (excès d’apport engraisses polyinsaturées et en sucres raffinés). Le risque de développer un diabète est accentué en cas de prédisposition génétique, d’hypertension artérielle et de dyslipidémie.

II- EPIDEMIOLOGIE

À l’échelle mondiale, on estime à 422 millions le nombre des adultes qui vivaient avec le diabète en 2014, contre 108 millions en 1980. La prévalence mondiale du diabète (normalisée selon l’âge) a presque doublé depuis 1980, passant de 4,7 à 8,5 % de la population adulte.  Ces chiffres reflètent l’augmentation des facteurs de risque associés comme le surpoids et l’obésité. Cette dernière décennie, la prévalence du diabète a progressé plus rapidement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire que dans les pays à revenu élevé.

En 2017, la prévalence du diabète de type 2 au Cameroun était estimée à 7.2%.

III-  DEFINITION

Le  diabète  de  type  2  est  une  maladie  métabolique  caractérisée  par  une  hyperglycémie  chronique  dont  les éléments  physiopathologiques  comprennent  une résistance  accrue  des  tissus  périphériques  (foie,  muscles, tissu  adipeux) à l’action de l’insuline, une insuffisance de sécrétion d’insuline par les cellules β du pancréas, une sécrétion  de  glucagon  inappropriée,  ainsi  qu’une  diminution  de  l’effet  des  incrétines,  hormones  intestinales stimulant la sécrétion  postprandiale  de l’insuline.

La classification du diabète comprend quatre classes cliniques :

  • Diabète de type1 (DMT1); Destruction des cellules β du pancréas, déficit insulinique absolu.
  • Diabète de type2 (DMT2); Déficit de sécrétion de l’insuline, dans un contexte de résistance périphérique à l’insuline.
  • Diabète gestationnel; Diabète diagnostiqué au 2ème ou 3ème trimestre d’une grossesse, qui n’est pas clairement un DMT2.
  • Diabète dû à des causes spécifiques; Diabète néo-natal, “maturity-onset diabetes of the Young”(MODY), diabète secondaire à une maladie exocrine du pancréas (mucoviscidose, pancréatite), à une exposition médicamenteuse (glucocorticoïdes, antirétroviraux,), à une autre pathologie (maladie de Cushing…) Tableau 1. Classification du diabète. Le diabète de type 2 constitue 90 à 95% des diagnostics de diabète.  La plupart décès patients sont obèses, et l’obésité en soi cause un certain degré d’insulino-résistance.

 

IV- LES FACTEURS DE RISQUE DU DIABETE DE TYPE 2

Les facteurs de risque de diabète de type 2 associés à un risque de diabète augmenté avec un lien de causalité démontré sont :

  • l’âge > 45 ans ;
  • l’origine géographique (personne d’origine non caucasienne et/ou migrante ayant adopté un mode de vie occidental) ;
  • un surpoids (indice de masse corporelle > 28 kg/m²) ;
  • la sédentarité ;
  • un antécédent de diabète gestationnel ;
  • un antécédent  d’accouchement  d’un  enfant  de  faible  poids  de  naissance  ou  de  grossesse  avec  un  retard de croissance intra-utérin ;
  • un antécédent familial de diabète chez un apparenté du premier degré ;
  • une anomalie de la glycorégulation ou état de prédiabète (glycémie à jeun comprise entre 1,10 g/l (6,1 mmol/l) et 1,26 g/l (7,0 mmol/l)).

V-  MANIFESTATIONS CLINIQUES

Les symptômes liés à une  hyperglycémie chronique  sont  les  suivants  :  fatigue,  polyurie (augmentation de la fréquence urinaire) ,  polydipsie(soif intense),  perte pondérale,  parfois faim excessive, flou visuel, ainsi qu’une susceptibilité accrue aux infections. L’hyperglycémie chronique entraîne à long terme des atteintes  micro-et   macro-vasculaires, ayant  pour conséquence des atteintes d’organes  :

  • Les Yeux, avec risque de perte de la vision.
  • Les reins, insuffisance rénale chronique.
  • Les nerfs, avec risque d’ulcères (mal perforant plantaire), d’amputation, de «pied de Charcot  »
  • Le Cœur, entrainant parfois les maladies cardiaques.
  • Accidents vasculaires cérébraux (AVC).

Le diagnostic  précoce  est  d’une  importance  capitale,  puisque  environ  1/3  des  patients  présentent  déjà  des complications  au  moment  du  diagnostic  et  ainsi  potentiellement  des  atteintes  au  niveau  des  organes  cibles, conduisant  à une  morbidité  et mortalité  substantielles.

VI-  CRITERES DIAGNOSTIQUES

  • HbA1c ≥6.5% ou
  • HbA1c ≥ 4.75% ou
  • Glycémie à jeun≥7.0mmol/l ou
  • Glycémie 120min après 75g de glucose(OGTT)≥11.1mmol/l ou
  • Symptômes d’hyperglycémie avec glycémie ≥11.1mmol/l

VII-  LA PRISE EN CHARGE

Le diabète n’a pas de traitement définitif. La prise en charge comprends 2 volets ;

  1. Traitement non-médicamenteux (modification du style de vie).

 

  • Activité physique régulière; 30 minutes de marche rapide par jour, au moins 3fois par semaine.
  • Alimentation équilibrée: régime pauvre en graisse, en glucide, riche en fibres.

 

  1. Traitement médicamenteux

Il existe plusieurs classes de médicaments antidiabétiques. Ces médicaments peuvent être administrés soit par voie orale(antidiabétiques oraux) ou par voie parentérale( ex. insuline).

 

VIII-  LES COMPLICATIONS

Faute   d’une   prise   en   charge   satisfaisante   du   diabète, les   complications   qui   s’ensuivent   compromettent la santé et mettent la vie en danger. Les complications aiguës sont une importante cause de mortalité, de dépenses et de mauvaise qualité de vie.  Une glycémie anormalement élevée peut mettre la vie en danger si elle déclenche des maladies comme l’acidocétose   diabétique   chez   les diabétiques de type 1 ou 2, et un coma hyperosmolaire chez les  diabétiques  de  type  2.  Quel que    soit le type de diabète,  une  hypoglycémie  peut  survenir  et  provoquer  une  crise  épileptique  ou une perte de conscience. Cela peut se produire lorsque le patient a sauté un  repas  ou  fait  plus  d’exercice  que  de  coutume,  ou  si  la  posologie  d’un  antidiabétique  était trop élevée.

Le diabète peut affecter le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs, et être cause d’incapacités et de décès prématurés.

Add Comment

Centre Medical Colbert © 2019 All rights reserved.

Translate »